Tribune octobre 2010: L’AMOUR EST ENFANT DE BOHEME

Carmen, figure de liberté, chantait l’amour enfant de bohême, et incarne toujours l’opéra le plus populaire et le plus joué en France et dans le Monde. Django Reinardht envoutait avec sa guitare alors que le jazz manouche fait l’affiche de nombreux festivals. On vous parle certes de personnages nés dans la France des XIXème et XXème siècles… Car aujourd’hui, Carmen, Django et les autres finiraient certainement en vedette américaine d’une circulaire Hortefeux.  

L’épisode affligeant que la France vient de vivre au sujet de la politique gesticulatoire du gouvernement laissera des traces. Car nul n’est dupe que ce ciblage spectaculaire et soudain d’une communauté tient surtout à la course présidentielle déjà lancée par Nicolas Sarkozy et à la volonté de détourner l’attention des mauvaises affaires d’une majorité ressemblant tous les jours un peu plus à une pétaudière. Nul ne croit un instant que cela puisse être une quelconque réponse aux problèmes d’insécurité que nos concitoyens peuvent connaitre et qu’il faut résoudre efficacement.

A cet instant, il n’est pas besoin de se laisser aller aux excès des comparaisons hasardeuses voire déplacées. Il n’est pas davantage nécessaire de se perdre dans les arguties juridiques autour des conditions d’application de la Directive Européenne du 9 avril 2004 sur la libre circulation des personnes. Il est simplement temps de rappeler que la Politique est aussi affaire de symboles et de principes. Rien, à cet égard, n’est pire que de jouer avec les peurs et les images d’Epinal. Les vents mauvais y trouvent souvent plus leur compte que les citoyens attendant des réponses concrètes à leurs besoins.

La France mérite mieux !

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