A la Clairefontaine…

L’état de l’eau est une préoccupation majeure pour tous.

Le Syndicat des eaux d’Ile de France – SEDIF - distribue chaque jour l’eau potable à 4 millions d’habitants de la région parisienne dont les meudonnais, et gère un budget de 580 millions d’euros. Le SEDIF est présidé depuis 1983 par André Santini épaulé par Hervé Marseille, un de ses Vice-présidents. Depuis sa création en 1923, une seule et même entreprise gère cette rente : Veolia, ex-Compagnie générale des eaux. Il est clair comme de l’eau de source que c’est un service à l’importance considérable. Il faut alors espérer que la qualité de service au meilleur prix est bien au rendez-vous !

Ainsi, qui irait l’idée sotte et grenue, de critiquer le prix de l’eau à 1,6 euro le mètre cube, comme le font régulièrement les associations de consommateurs qui l’épinglent comme l’un des services les plus chers de France ? Pour comparaison, Paris, qui est passé en régie publique, facture 0,99 euro le mètre cube.
Au SEDIF donc,  et malgré les questions sur le prix, le 11 décembre 2008, une majorité des 144 maires membres du syndicat a décidé que le service fourni par Veolia ne basculerait  pas à en régie municipale mais continuerait à faire l’objet d’une délégation de service public. Alors que de nombreuses municipalités cherchent à publiciser le servie de l’eau, le SEDIF persiste dans l’autre voie. Pourquoi ? Vous pourriez considérer que tout cela est de mauvais goût à l’heure où les citoyens réclament transparence et refus de la financiarisation des services publics essentiels.

Mais attention, cela peut aussi donner un drôle de goût à l’eau de votre robinet. Car au-delà de la question de la gestion se profile, comme souvent, celle de la qualité du service. En effet, les scientifiques ont démontré que certaines substances chimiques parfois présentes dans l’eau pouvaient provoquer de graves atteintes à la santé.

D’ailleurs dans le rapport de Veolia Environnement pour 2008 on peut lire : « En complément du contrôle sanitaire classique de l’eau, Veolia Eau travaille à réduire la contamination de l’eau en matière organique, qui est source de prolifération bactériologique et dont l’interaction avec le chlore peut avoir des effets néfastes à long terme sur la santé. Veolia Eau propose également à ses clients industriels des analyses complètes de leur process afin de favoriser le recyclage de l’eau, des matières premières et de limiter les rejets polluants. La direction R&D de Veolia concentre particulièrement ses efforts sur les effluents industriels salins, très répandus et complexes à traiter (par exemple les lixiviats des centres de stockage de déchets). »

Or le rapport de gestion du SEDIF pour 2008 ne comporte que de très courtes lignes peu détaillées sur le sujet des risques sanitaires. Nous avons donc appelé l’attention du Conseil Municipal du 8 octobre sur ce point pour savoir si les interrogations du rapport de Véolia concernent l’eau distribuée à Meudon et, si oui, quelles sont les mesures appropriées prises pour réduire la contamination de l’eau en matière organique. Ainsi, à Toulouse, par exemple, les tests ont lieu tous les deux à trois mois et, aujourd’hui, 76 % des Toulousains se disent satisfaits du goût de l’eau. Qu’en est-il à Meudon ?
Nous croyons qu’une information transparente et adéquate sur les caractéristiques de l’eau que nous consommons permet de limiter les risques et, in fine, de garantir que l’eau proposée à la consommation est de qualité.

Le Groupe Meudon Oxygène

Pour information : la votation citoyenne sur l’avenir du service public postal a donné sur Meudon, le résultat suivant : samedi 3 octobre 2009, entre 9 h et 12 h, il y a eu 762 votants dans notre ville, dont 753 suffrages exprimés avec 724 non à la privatisation soit 96,15 %, 29 oui au changement de statut (3,85%) et 9 blancs ou nuls.

2 commentaires pour “A la Clairefontaine…”

  1. Louis-Pierre Guillaume dit :

    Il faut à mon avis séparer deux choses: le prix de l’eau, qui est en effet chère et la manière dont elle est distribuée (régie municipale ou délégation de service public).

    L’eau est chère.
    Je viens de régler ma facture Veolia Eau d’octobre 09.
    Depuis la facture du mois de juillet 09, sont apparues 2 nouvelles redevances: “redevance fermière départementale” et “redevance départementale”, pour un coût total de 0,5075 euros/m3 HT. Elles se rajoutent de façon non expliquée aux autres redevances qui elles n’ont pas baissé.
    Le coût moyen du m3 d’eau facturé (montant facture / volume consommé) était de 3,78 euros en 2008. Il est passé à 4,11 en 2009 ! Une augmentation de 8,7% ! Ce n’est pas normal.
    Par ailleurs, j’arrose mon jardin de temps en temps l’été. Cette eau ne se retrouve pas dans les eaux usées et pourtant je paye les frais de collecte et traitement… Il n’y pas d’offre commerciale spécifique pour les clients ayant un jardin.

    Régie municipale ou délégation de service public
    La question n’est pas là. Une régie municipale peu efficiente fournira de l’eau de mauvaise qualité à prix élevé. La question est comment faire baisser le prix de l’eau. Le SEDIF a le pouvoir de contrôler Veolia Eau. Il peut aussi passer un appel d’offre pour choisir un autre partenaire. Il peut aussi modifier le contrat pour donner une incitation à faire baisser les prix. Il peut aussi subventionner des agriculteurs dans les zones de captage pour qu’ils n’utilisent pas de pesticides ni d’engrais (fait dans une ville allemande).
    Une grosse partie de la facture est composée des redevances de collecte et traitement. les communes, départements et région devraient faire plus attention et réduire cette redevance en gérant mieux les eaux usées.

    Vos commentaires sont les bienvenus
    LP

  2. Louis-Pierre Guillaume dit :

    “La votation citoyenne sur l’avenir du service public postal” aurait pu donner un autre résultat si la question aurait été différente. La question était formulée de telle manière que le résultat était évident.
    Exemple: Si vous demandez aux dindes si elles votent pour Noël, vous aurez le même pourcentage de “non”…

    La “privatisation” de la poste est-elle la vrai question? Ne serait-ce pas plutôt le futur de la Poste dans un monde où le volume de courrier est en baisse et l’activité classique de courrier déficitaire?

    Si la question avait été “êtes-vous d’accord pour donner les moyens à la Poste de se développer grâce à une structure plus souple et plus adapté”, les résultats auraient été probablement différents. Mais la question est trop compliquée, alors que “pour ou contre la privatisation” a le mérite d’être plus simple…

    J’ai l’impression que certaines personnes font comme dans la pièce de théatre “Schlageter”: Quand j’entends le mot “changement”, je sors mon revolver…
    LP

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